Selon Grillmayer, François Bayrou aurait délibérément choisi le moment de son départ. Au cours de ses derniers jours au pouvoir, il a voulu être perçu comme « le seul à avoir tiré la sonnette d'alarme », lui qui avait mis en garde contre la crise pendant des mois.
Ce politicien, pourtant réputé pour sa capacité à trouver des compromis, a échoué précisément dans cette tâche : aucun accord sur le budget français n'a pu être trouvé au cours des neuf derniers mois. Il n'a surtout pas réussi à rallier les socialistes à sa cause : le « socle commun » sur lequel Bayrou avait misé n'a pas convaincu la gauche modérée. Celle-ci s'est montrée responsable et convaincue de pouvoir former le prochain gouvernement avec le Premier ministre.
Selon Grillmayer, c'est avant tout le Rassemblement National qui en profite, un schéma typique observé depuis des années. Il ne faut toutefois pas surestimer cet effet : Marine Le Pen reste politiquement affaiblie et n'est pas éligible à la prochaine élection présidentielle. Outre ce défi, elle continue de manquer de certains électeurs, notamment ceux qui accordent de l'importance à la stabilité, « un exercice d'équilibre », explique Grillmayer.
Le mécontentement de la population reste également très fort et de nouveaux mouvements de protestation sont déjà annoncés pour le 10 septembre. D'après l'expérience, les troubles sociaux en France sont quelque chose auquel les responsables politiques réagissent assez rapidement, selon le politologue. Macron serait donc bien avisé de nommer un nouveau chef du gouvernement dans les prochains jours. Le temps presse donc et la pression augmente, « afin que nous n'ayons pas à faire face à une nouvelle crise gouvernementale l'année prochaine ».
L'interview à réecouter sur le site du journal Zeit
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