- Aperçu des candidats
- Description des lignes de clivage politique qui structurent la campagne électorale
- Explication des deux débats thématiques dominants
- Mise en perspective de l'importance du scrutin du 9 juin en France
Les têtes de liste des principales formations politiques françaises ont entamé leur campagne pour les élections européennes du 6 au 9 juin 2024. Mais jusqu'à présent, il n'y a pas de débat sur les propositions à mettre en œuvre au niveau de l'UE et dans le cadre des compétences du Parlement européen.
Les paragraphes suivants vont
- esquisser le champ des candidats
- nommer les lignes de clivage politique
- présenter les deux principaux débats thématiques
- résumer les conséquences possibles du résultat des élections sur le système des partis en France
Un coup d'œil sur les sondages actuels[1] montre que, comme en 2019, un duel se dessine entre les populistes de droite du RN et le parti présidentiel REN et ses alliés(MoDem, Horizons, Parti radical), avec actuellement un net avantage pour le RN (près de 30%, REN à 18%). S'y ajoutent, selon les sondages, trois (socialistes : Parti socialiste(PS) et Place publique (PP), Verts : Les Écologistes, conservateurs : Les Républicains) à cinq (populistes de gauche : LFI, extrême droite : Reconquête) autres listes auxquelles on attribue des chances de franchir la barre des 5%.
[1] Différentes sources d'information sur Internet proposent un aperçu constamment mis à jour et un résumé des données d'enquête agrégées, par exemple pour la France https://www.touteleurope.eu/institutions/elections-europeennes-2024-qu-indiquent-les-sondages-pour-la-france/ et pour toute l'UE https://www.politico.eu/europe-poll-of-polls/european-parliament-election/.
dfi-analyse
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Programmvergleiche und Kurzanalysen
Anlässlich der Europawahlen 2024 veröffentlichen wir bis zur Wahl am 9. Juni kurze Schlaglicher zu den Positionen der politischen Parteien, die hoffen können, im EU-Parlament vertreten zu sein, zu den Themen
- Weiterentwicklung der EU
- Verteidigung/Sicherheit
- Green Deal/Umweltschutz /Landwirtschaft
- Migration / Umgang mit Flüchtlingen
Erster Teil der Reihe ist eine Zusammenfassung der Positionen der pro-europäischen Linken in Frankreich (veröffentlicht am 14.05.2024)
Zweiter Teil der Reihe ist eine Zusammenfassung der Positionen der EU-skeptischen Linkspopulisten in Frankreich (veröffentlicht am 24.05.2024)
Dritter Teil der Reihe ist eine Zusammenfassung der Positionen der EU-skeptischen Rechtspopulisten in Frankreich (veröffentlicht am 28.05.2024)
Vierter und letzter Teil der Reihe ist eine Zusammenfassung der Positionen der pro-europäischen Rechten in Frankreich (veröffentlicht am 04.06.2024)
Nach der Wahl haben wir eine Analyse der Ergebnisse der Europawahlen in Frankreicham 9. Juni veröffentlicht. Darin erläutern wir die Motive der französischen Wählerschaft
Les candidats
Les têtes de liste qui se disputent les 81 sièges français (sur un total de 720) au PE font l'objet d'une attention particulière dans une campagne électorale au contenu diffus. Tous se distinguent par leur jeune âge.
La tête de liste du RN est Jordan Bardella. Le président du parti n'a que 28 ans, mais il était déjà la tête de liste du parti aux élections européennes de 2019 et l'a mené à la victoire électorale en France (23,3%, moins de 1% devant le REN de Macron). Depuis, il siège au Parlement européen, mais n'y apparaît guère. Avec Marine Le Pen, il est désormais considéré comme le "visage" du parti.
Valérie Hayer, 37 ans, est la tête de liste commune des partis libéraux et centristes REN, MoDem, Horizons et Parti radical. Hayer est également députée européenne depuis 2019 et a coordonné la position de son groupe au sein de la commission des budgets en tant que vice-présidente de la commission. En tant que "sœur, fille et petite-fille" d'agriculteurs de la Mayenne, elle devrait apporter un ancrage dans le monde rural souvent dénié au parti de Macron.
François-Xavier Bellamy (38 ans) est à nouveau en tête de la liste Les Républicains, bien que le parti n'ait obtenu avec lui que 8,48 % en 2019. Bellamy défend des positions extrêmement conservatrices, mais s'oppose fermement à toute coopération ou même union avec des partis d'extrême droite, il peut donc servir les deux camps dans la lutte d'orientation interne au parti.
La liste des Verts Les Ecologistes (anciennement Europe Ecologie Les Verts), qui a obtenu 13,48% en 2019, est menée par Marie Toussaint, une militante écologiste de 36 ans qui siège déjà au Parlement européen depuis 2019. Dans les sondages sur les intentions de vote en 2024, le parti est en dessous de 10%, mais devance néanmoins les populistes de gauche de LFI.
LFI est traditionnellement nettement plus sceptique vis-à-vis de l'UE que Les Ecologistes. Leur tête de liste est, comme en 2019, Manon Aubry (34 ans), qui est entrée en politique par son engagement en tant que porte-parole de l'ONG Oxfam France. Avec l'Allemand Martin Schirdewan(Die Linke), elle dirige le groupe parlementaire "La Gauche au Parlement européen - GUE/NGL".
La direction du Parti socialiste(PS) a nommé le journaliste et militant Raphaël Glucksmann, 44 ans, en tête de liste commune avec le petit parti de Glucksmann, Place publique (PP) . Leur programme se distingue de celui des autres partis de gauche par une orientation pro-européenne, sociale-démocrate et libérale. Dans les sondages actuels, la liste se situe juste au-dessus de 10 %.
Dans l'ensemble, il ressort de cette présentation2 que les partis misent sur la continuité : Six listes présentent des têtes de liste qui étaient déjà à la tête de leur liste en 2019 ou qui avaient au moins été élues au Parlement européen. Jusqu'à présent, cette stratégie a été considérée (souvent par les observateurs français) comme la cause de l'influence et du succès des députés allemands au PE.
[2] Nous prenons en compte les candidates et candidats dont les listes ont une chance d'obtenir au moins 5% des voix, condition nécessaire en France pour obtenir un mandat au PE.
| Parti | Tête de liste | Âge | Au PE depuis | Résultat 2019 (% et sièges) | „Plus d'Europe“ |
|---|---|---|---|---|---|
| Rassemblement national | Jordan Bardella | 28 | 2019 | 23,34 % / 23 | NON |
| Renaissance | Valérie Hayer | 37 | 2019 | 22,42% / 23 | OUI |
| Les écologistes | Marie Toussaint | 36 | 2019 | 13,48% / 13 | OUI |
| Les Républicains | François-Xavier Bellamy | 38 | 2019 | 8,48% / 8 | NON |
| La France Insoumise | Manon Aubry | 34 | 2019 | 6,31% / 6 | NON |
| Parti socialiste | Raphaël Glucksmann | 44 | 2019 | 6,19% / 6 | OUI |
| Parti communiste français | Léon Deffontaines | 27 | - | - | NON |
| Reconquête | Marion Maréchal | 34 | - | - | NON |
Lignes de clivage politique
Outre la ligne de clivage traditionnelle droite-gauche, le positionnement des partis en France est marqué par un deuxième clivage, décrit comme un clivage entre les "citoyens libéraux du monde" et les "citoyens plutôt conservateurs attachés à leur patrie", entre les "anywheres" et les "somewheres" (voir aussi AFA 37, p. 7). Dans le contexte de l'UE, et tout particulièrement en France, cette ligne de clivage est épelée comme "Europe" contre "nation".
Elle est transversale au conflit traditionnel gauche-droite et divise donc encore une fois les deux camps politiques en eux-mêmes et devient particulièrement virulente en relation avec la politique européenne. Conformément à leur définition, les "lignes de clivage" ont un effet structurant et mobilisateur sur l'électorat. L'appartenance à l'un ou l'autre camp ne peut guère être négociée dans le cadre de compromis politiques.
Les deux vainqueurs des élections de 2019, le RN et le REN, tentent de devenir attractifs pour les électeurs de l'"autre" camp lors de la campagne électorale de 2024 :
- REN, en soulignant la ligne de clivage UE-nation et en se positionnant comme la force pro-européenne en France, tout en soulignant l'importance de la nation et en veillant à ce que les intérêts particuliers de groupes d'intérêts français importants soient préservés au niveau de l'UE. Au point qu'Emmanuel Macron avait demandé le 11 mai 2023 une pause réglementaire pour permettre à l'industrie de "digérer" les nouvelles normes du Green Deal (Eur'activ3)
- Le RN a abandonné sa ligne anti-UE et ne demande plus de "sortie" de l'UE ou de l'euro, mais tente désormais de faire le grand écart entre une attitude populiste maximale et des revendications qui doivent autant que possible ne pas déstabiliser l'électorat.
Les Républicains se positionnent de manière encore plus sceptique vis-à-vis de l'UE qu'en 2019. Le leader du parti, Eric Ciotti, demande par exemple de "suspendre" ou "d'ignorer" la primauté du droit européen sur le droit national dans certains domaines politiques - par exemple en matière de politique d'immigration.
A gauche, Manon Aubry (LFI) prend de plus en plus ses distances avec les propositions eurosceptiques des précédentes campagnes électorales, tout en mélangeant la volonté d'approfondir l'UE là où cela pourrait aller dans le sens de ses propres intérêts partisans avec le refus de réformes correspondantes dans les domaines où cela pourrait signifier devoir accepter des majorités politiques au-delà de ses propres positions.
Les Verts et l'alliance autour de Raphaël Glucksmann et du Parti socialiste sont les seuls à demander "plus" d'Europe sous la forme d'un approfondissement de l'UE.
Débats thématiques
Les principaux débats thématiques reprennent deux débats politiques actuels :
Débat sur la transition énergétique et la conversion écologique de l'économie
L'une d'entre elles concerne le tournant énergétique et la transformation écologique de l'économie. Dernièrement, une grande partie du Parti Populaire Européen (PPE) avait hésité à approuver certaines parties du "Green Deal", le paquet législatif de la Commission européenne. La délégation française au sein du PPE accentue son opposition aux autres mesures du Green Deal, son chef de file François-Xavier Bellamy plaide pour la suspension de la fin prévue du moteur à combustion dans les voitures particulières. Les deux nationalistes de droite Bardella et Maréchal demandent en outre la "fin de l'écologie punitive".
Ce thème a le potentiel de mobiliser dans le cadre de la campagne électorale, pour la tête de liste des Verts, l'économie (et sa transformation durable) est la "mère de toutes les batailles écologiques".
Au reproche selon lequel un trop grand nombre de nouveaux textes de loi ne pourraient plus être absorbés par l'industrie et les entreprises, elle répond par l'argument que l'industrie a besoin de prévisibilité et qu'il serait contre-productif pour elle de modifier ou de suspendre constamment les directives. Au souhait de "mettre fin à l'écologie punitive", elle oppose que l'écologie ne punit pas, mais protège. Son parti s'engage pour une Europe qui protège des blessures sociales et écologiques, et non pour une Europe qui empoisonne.
Débat sur la politique migratoire
Le deuxième thème qui gagne en pertinence dans la campagne électorale européenne française est la politique d'immigration. Depuis la réforme de la législation nationale en la matière à l'hiver 2023 et le rejet d'une grande partie de cette réforme par la justice constitutionnelle en janvier 2024, le sujet est politiquement chargé. Dans le contexte des élections européennes, la question de savoir s'il faut suivre la législation de l'UE dans ce domaine fait l'objet d'un débat. Afin de s'affranchir de la primauté du droit de l'Union sur le droit national, le parti Les Républicains a déposé une proposition de loi constitutionnelle au Parlement français. Cette loi doit avoir pour effet d'exclure la primauté du droit de l'Union sur le droit national4. Une telle démarche signifierait la fin de l'UE en tant que communauté de droit et du rôle du PE en tant que colégislateur. Le débat pour ou contre l'UE dans sa forme actuelle est donc à nouveau sous-jacent, à peine dissimulé.
Elle est également la raison principale, en termes de contenu, pour laquelle les partis de gauche ne présentent pas de liste commune. Alors que LFI se montre sceptique quant à une extension fondamentale des décisions à la majorité, les Verts et le PS se déclarent favorables à "plus d'Europe" dans le sens d'un approfondissement fédéral supplémentaire. Manon Aubry (LFI) propose au contraire d'"ignorer" les traités et règles européens là où ils font obstacle à ses propres préférences politiques - et se trouve ainsi étonnamment proche des revendications des Républicains.
Les candidates de LFI et des Verts s'accordent cependant sur le fait que l'UE a besoin de moyens financiers importants pour réaliser ses revendications et ses projets de grande envergure dans le domaine de la transformation sociale et écologique et sur la nécessité d'introduire un "impôt européen sur la fortune".
Ils sont également d'accord pour accorder une plus grande attention à l'impact social des politiques européennes, mais là encore, leur approche diffère. Aubry demande une rupture avec les fondements de l'UE que sont "le libre-échange, l'austérité et la croyance dans le marché" et exige "le protectionnisme, la solidarité et les biens communs". Toussaint veut à l'avenir que toutes les mesures de l'UE soient examinées en fonction de leur impact sur les 10 à 20 pour cent les moins riches de l'UE, mais ne veut pas remettre en question les "quatre libertés fondamentales" existantes de l'UE (libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes).
La campagne électorale qui commence est donc marquée par des positions et des arguments de politique européenne, mais elle est menée comme une campagne nationale. Sommes-nous donc à la veille d'une nouvelle "élection nationale intermédiaire "5 ou l'éventail des partis français est-il également en train de se réorganiser ?
[4] Voir la proposition de loi constitutionnelle déposée au Sénat par Les Républicains le 25/05/2023. (loi constitutionnelle): Souveraineté de la France, Texte n° 646 (2022-2023) de MM. Bruno RETAILLEAU et François-Noël BUFFET, déposé au Sénat le 25 mai 2023, https://www.senat.fr/leg/ppl22-646.html
[5] En 1980, les politologues allemands Karlheinz Reif et Hermann Schmitt ont publié un article influent expliquant que les premières élections européennes de 1979 étaient le résultat de "neuf élections nationales intermédiaires". Depuis lors, malgré tous les changements, il s'est avéré que cette analyse avait toujours sa raison d'être :
Reif, Karlheinz/Schmitt, Hermann: Nine Second-Order National Elections – A conceptual framework for the analysis of European Election results
dans: European Journal of Political Research 8 (1980), Volume 1, pp. 3-44
Changement de la balance politique ?
Pour les acteurs impliqués, il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une élection avec des conséquences pour le système politique français.
Le RN et le REN tentent de réduire les élections européennes à un duel afin de maximiser les voix pour leur propre camp. Le camp présidentiel reproche aux populistes de droite de ne pas s'intéresser à l'organisation politique de l'UE, mais de planifier un "match retour" des élections présidentielles qu'ils ont perdues en 2022. Les réformes de l'UE qu'ils proposent affaibliraient la France. En outre, les représentants du REN continuent d'accuser le RN d'avoir des liens avec la Russie et de manquer de solidarité avec l'Ukraine.
Le RN mise sur les "gens ordinaires", parmi lesquels il ne cesse d'élargir sa base électorale6. Sa tête de liste Jordan Bardella ne se profile guère sur le fond7, mais thématise son faible niveau d'éducation et ses origines "modestes" dans un environnement problématique (le "département le plus pauvre de France", la Seine-Saint-Denis) afin de marquer des points dans le milieu de l'électorat jeune, peu éduqué et le plus souvent masculin. Il a réussi à gagner au RN des représentants de la haute fonction publique diplômée de l'ENA ainsi que des élites politiques nationales conservatrices et catholiques classiques, en la personne de l'ex-chef de Frontex Fabrice Leggeri et de l'avocat conservateur Alexandre Varaut. Ces deux groupes ne se sont jusqu'à présent guère engagés dans le parti qui a succédé au Front national de Jean-Marie Le Pen.
Si le RN intègre ces groupes avec les élections européennes de 2024, il pourrait encore étendre son rôle dominant au sein de la droite politique, mais aussi dans l’ensemble du système politique français. Dans le même temps, la tentative de la gauche de former une union sous une direction populiste de gauche semble échouer, ce qui pourrait finalement conduire les différents groupes de gauche à se retrouver à nouveau politiquement insignifiants.
Si la division politique entre les positions pro et anti-UE se consolide au-delà des élections européennes et dépasse la ligne de conflit gauche-droite établie, on peut s'attendre à ce que la restructuration du système de partis français observée depuis la victoire électorale de Macron en 2017 continuera.
L'importance croissante des conflits de politique intérieure limite la marge de manœuvre du gouvernement français sur les questions de politique bilatérale et européenne. La domination croissante des forces eurosceptiques et, en particulier, l'incapacité de la droite civique à résister à la pression des populistes de droite et des extrémistes de droite et à se positionner comme une alternative responsable au président actuel rendront la coopération politique avec la France plus difficile. compliqué à l'avenir.
[6] L'analyse de l'institut de sondage IFOP pour les élections européennes de 2019 montre que le RN a obtenu les taux d'approbation les plus élevés dans les catégories des "ouvriers" (47%) et des "employés simples" (32%), mais que l'approbation a reculé dans la "classe moyenne" des "employés moyens" (15%). Ces derniers ont majoritairement voté pour les Verts (20%) et le parti de Macron (18%). https://www.ifop.com/publication/europeennes-2019-profil-des-electeurs-et-clefs-du-scrutin/
[7] C'est du moins ainsi qu'il se présente publiquement. Des enquêtes d'investigation de la chaîne de télévision France 2 ("Complément d'enquête", 18.01.24) et du quotidien Libération ont cependant pu attribuer à Bardella, entre autres, un compte Twitter sous un faux nom, qui s'est fait remarquer jusqu'en 2017 par des remarques clairement d'extrême droite, homophobes et racistes. Bardella a obtenu un droit de réponse et nie avoir été à l'origine de ce compte.

![Dr. Stefan Seidendorf [Translate to Francais:]](/fileadmin/_processed_/5/2/csm_13_Seidendorf_Stefan_00114_Portraits_Ausschnitt_A_173a980171.jpg)







