Le changement de pouvoir en France est intervenu à un moment crucial pour l'avenir de l'Union européenne. Après le cinquième départ d'un gouvernement depuis 1981, le dilemme s'est posé avec une nouvelle acuité : les exigences d'adaptation sensibles émanant du traité de Maastricht et du marché intérieur européen en matière de politique économique et sociale ne sont acceptées que très difficilement - voire pas du tout - en politique intérieure. La tendance "euro-libérale" somme toute modérée du gouvernement Juppé - privatisations, adaptations structurelles de l'économie de marché, consolidation de la politique budgétaire, réforme de la sécurité sociale - a été désavouée par les électeurs, tout comme la politique correspondante menée auparavant par les gouvernements de gauche et de droite depuis 1983.
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