Viciano, qui a notamment travaillé pour le magazine Stern et les journaux Süddeutsche Zeitung et Die Zeit, a été récompensée à plusieurs reprises pour son travail journalistique. À l'automne 2024, son premier livre, Die Formel des Widerstands (La formule de la Résistance), a été publié par les éditions Galiani-Berlin. Elle y emmène ses lecteurs dans la course au développement de la première bombe atomique, qui a opposé les Alliés occidentaux et le Troisième Reich au début des années 1940.
Au printemps 1940, la France est en guerre et cherche à tirer parti des dernières avancées de la science nucléaire tout en empêchant ses adversaires d'en profiter. Viciano raconte cette histoire du point de vue des physiciens nucléaires de différentes nations. Ceux-ci, dans les années 1930, échangeaient encore leurs découvertes de manière largement illimitée, mais, après la découverte de la fission nucléaire en décembre 1938, ils furent contraints de poursuivre en secret leurs recherches.
Au cœur de cet ouvrage se trouve le physicien allemand Wolfgang Gentner. Celui-ci fut le premier boursier allemand accueilli à l'Institut Curie après la Première Guerre mondiale, de 1933 à 1935 et se lia d'amitié avec Frédéric Joliot-Curie, le gendre de Marie Curie. En 1940, il fut chargé par les occupants allemands de superviser les travaux de recherche de Joliot-Curie et de ses collaborateurs en tant qu'agent de liaison de la recherche allemande et de leurs communiquer leurs découvertes. Gentner fut placé devant le dilemme s'il devait suivre les instructions de ses supérieurs ou bien utiliser sa position pour protéger ses collègues et leurs découvertes de l’occupant. Le scientifique allemand fit passer son amitié avant ses obligations professionnelles et contribua ainsi à ce que Joliot-Curie, qui s'était engagé dans la Résistance, et certains de ses collègues ne soient plus détenus ni déportés. En 1943, il prit lui-même un grand risque personnel en faisant parvenir une importante somme d'argent à un ami juif de Karl Jaspers, qu'il avait connu à l'université de Heidelberg, par l'intermédiaire d'une résistante néerlandaise.
Avec son histoire, Viciano souhaite montrer comment, en pleine guerre, des chercheurs ont tenté de préserver leur intégrité et de résister, tout en participant à des décisions de vie ou de mort, souvent sans le vouloir.
Elle a trouvé l'inspiration pour son livre à Sceaux, dans la banlieue sud-est de Paris, où elle a vécu pendant quatre ans avec sa famille. Elle y a remarqué à quel point toute la ville était imprégnée par Marie Curie, sa famille et son cercle d'amis, grâce à des plaques commémoratives, des écoles et des places portant son nom ou celui d'un membre de sa famille.
Animée par le désir d'écrire elle-même quelque chose sur la famille Curie, dont les membres ont reçu au total quatre prix Nobel, elle a commencé à faire des recherches. C’est alors qu’elle découvrit le personnage de Wolfgang Gentner, sur lequel rien n'avait encore été publié à part un ouvrage commémoratif. Au cours de ses recherches, elle a pu interroger les deux enfants encore en vie d'Irène et Frédéric Joliot-Curie.
Lors d'un verre de l'amitié organisé ensuite par deux amies du dfi, le public a eu l'occasion d'échanger avec l'auteure et entre eux.
En coopération avec la Volkshochschule de Ludwigsburg


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